...... Dans la brume ........

tombeau des notes trépassées de brume

02 juillet 2008

ego trip

(publiée le 16 février 2007 à 00h13)

 

A Noel, j'ai eu droit, de la part de la belle-famille, au nouvel opus de Christine Angot! voilà, je suis dans le ptit tiroir des intellos! et on me demande même si je connais, si j'apprécie, si je pourrais faire une fiche de lecture, si je pourrais le repasser ensuite pour qu'on le lise... bref, moi je souris, faut bien, je dis oui oui, bien sur, quelle question! mais non, en fait, pas du tout! je connais pas, j'ai vaguement entendu parler de la femme, à la télé, dans une émission pseudo littéraire, donnant son avis (que je trouvais trés mauvais) sur un sujet qui n'avait rien à voir avec les livres... Et puis, moi et les auteurs "à la mode", c'est moyen, je suis pas emballée! alors, je commence à le lire que deux-trois semaines plus tard, les premiers mots me pésent, déjà, je comprend pas, non mais attendez là, elle parle d'elle ou quoi? c'est ca le fameux style Angot, raconter sa petite vie, par le bout de la lorgnette! bon, ca commence mal, je déteste ca, le nombrilisme, si encore elle avait une vie passionnante! mais non! elle nous raconte sa vie sexuelle, ses "rendez-vous" (titre) amoureux, manqués ou pas, attendus ou pas, fébriles ou pas, avec des phrases sans ponctuation (je déteste!), des répétitions sans fin (je déteste), elle écrit comme elle parle, comme elle pense, alors vraiment, c'est dur! je comprends l'idée, même le sens des premières pages, quasi outrageantes avec des détails sexuels trés poussés, totalement en contradiction avec tout le reste du livre; l'idée d'opposer bassement l'homme qui ne compte pas avec celui qui compte et dont le recit des rendez vous n'est plus alors que le long discours des sentiments pris sur le vif! donc, je comprends l'idée de départ! mais de là à en faire un livre, nom de dieu... elle se prend pour qui celle-là! si moi je me mettais à publier le récit de mes sentiments amoureux, tout le monde crierait au scandale, mais ce n'est pas un livre, mais on s'en contrefout de ta vie, mais qu'est-ce qu'on en a à branler de ce que tu penses en buvant ton café en attendant ton mec... voilà, c'est ce que je me suis dit pendant les presque 400 pages de ce bouquin (je n'abandonne jamais! même Werber et son horrible tome 3 des fourmis! ou tome 3 des Thanatonautes -il a du mal sur le long terme, faudrait qu'il s'en tienne à un seul tome!)! j'ai tenu, je suis pas fiére de l'avoir lu, j'ai l'impression d'avoir lu un journal intime d'ado!

maintenant, ouf, je reviens à de la vraie littérature: en prévision, un chti Balzac de derrière les fagots, un Sépulveda en cours, je prévois trés prochainement un Fred Vargas, et j'ai toujours sur le feu le Céline (mais là, j'avoue, j'ai vraiment du mal, ca fait des mois qu'il me cuisine!)

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morceaux choisis

(publiée le 14 février 2007 à 10h59)

 

"L"homme, grain de sable jeté dans l'infini par une main inconnue,

pauvre insecte aux faible pattes qui veut se retenir, au bord du gouffre, à toutes les branches,

qui se rattache à la vertu, à l'amour, à l'égoïsme, à l'ambition,

et qui fait des vertus de tout cela pour mieux s'y tenir, qui se cramponne à Dieu,

et qui faiblit toujours,

lache les mains et tombe..."                                      - FLAUBERT-

 

 

"Et l'amour est au monde pour l'oubli du monde"

        - ELUARD-

 

"Ses yeux ont tout un ciel de larmes.

Ni ses paupières, ni ses mains

Ne sont une nuit suffisante

Pour que ca douleur s'y cache.

Il ira demander

Au conseil des visages

S'il est encore capable

De chasser sa jeunesse

Et d'être dans la plaine

Le pilote du vent..."

- ELUARD-

 

"Oiseau tranquille au vol inverse

Qui nidifie en l'air

A la limite où notre sol brille déjà

Baisse ta deuxième paupière la terre t'éblouit

Quand tu léves la tête.

 

Et moi aussi de prés je suis sombre et terne

Une brume qui vient d'obscurcir les lanternes

Une main qui tout à coup se pose devant les yeux

Une voute entre vous et toutes les lumières

Et je m'éloignerai m'illuminant au milieu des ombres

Et d'alignement d'yeux des astres bien aimés.

...

Temps passés Trépassés les dieux qui me formâtes

Je ne vis que passant ainsi que vous passâtes

Et détournant mes yeux de ce vide avenir

En moi-même je vois tout le passé grandir

 

Rien n'est mort que ce qui n'existe pas encore

Prés du passé luisant demain est incolore

Il est informe aussi prés de ce qui parfait

Présente tout ensemble et l'effort et l'effet."            - APPOLINAIRE-

 

"Gonfle toi vers la nuit O Mer des squales

Jusqu'à l'aube ont guetté de loin avidement

Des cadavres de jour rongés par les étoiles

Parmis le bruit des flots et les derniers serments."

 

Posté par brumette à 11:36 - Les petites cellules grises - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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